woensdag 12 maart 2014

Manifestation anti-NSV : Appel des Syndicalistes CONTRE le fascisme


Le 20 mars prochain, l’extrême-droite se réunira pour défiler dans les rues d’Anvers, à l’occasion de la marche de la haine annuelle organisée par le cercle des étudiants nationalistes NSV (Nationalistische Studenten Vereniging). Le thème de ce rassemblement n’est pas le plus important, mais pour information, ce sera cette année ‘‘qu’aucun trône ne reste debout’’.

Un contexte spécifique

En raison du moment et du lieu, la manifestation anti-NSV a cette année une valeur symbolique supplémentaire : la contre-manifestation passera dans les quartiers populaires de l’antre de la bête tout juste deux mois avant la ‘‘mère de toutes les élections’’. Les slogans centraux (voir ci-dessous) dépassent le cadre purement antiraciste ou antifasciste pour mettre en avant une alternative sociale conséquente contre la droite et l’extrême-droite. Une campagne de porte-à-porte sera menée dans les quartiers où passera la contre-manifestation pour y défendre un programme social.

N-VA et Vlaams Belang : des vases communicants, et pas uniquement sur le terrain électoral

Selon ses propres dires, la N-VA s’occupe de problèmes dénoncés par le Vlaams Belang. Pour certains, cela fait de la N-VA une sorte de ‘‘Vlaams-Belang Light’’. Les transfuges ont été nombreux entre le Vlaams Belang et la N-VA et, dans les groupes traditionnels de ‘‘radicaux-nationalistes’’ comme le NSV et le KVHV (Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond, Union estudiantine catholique flamande), le Vlaams Belang n’est pas le seul à être bien représenté, la N-VA y figure également en nombre.

Anvers, Alost, etc. Des laboratoires pour l’avenir réservé à la Flandre par la droite

Tout comme Alost, Anvers est un laboratoire où est élaboré le projet d’une Flandre future puissamment ancrée à droite selon les désirs de la N-VA, de l’organisation patronale flamande VOKA et des groupes radicaux tels que le Vlaams Belang et ses organisations satellites (comme le NSV et le Voorpost). A Alost, le groupe ‘‘Noig Verontruste Aalstenaars’’ (les ‘‘Alostois très inquiets’’) a pu constater que depuis les élections communales, la coalition au pouvoir emmenée par la N-VA a appliqué une politique d’intimidation délibérée contre divers groupes de la population, ce à quoi les ‘‘Alostois très inquiets’’ ont réagi via communiqués de presse et actions destiné à mettre en garde la presse, y compris nationale.

Cette politique a commencé par des taxes supplémentaires pour les night-shops et s’est poursuivie par une chasse à la ‘‘fraude sociale’’ avec un véritable cellule anti-fraude alors que les entreprises locales ont reçu en cadeau une réduction d’impôt de 680.000 €, par des diminutions de subventions pour les organismes sociaux, la réduction des effectifs du personnel communal, par l’implantation d’un nouveau poste de police sur la rive droite ‘‘colorée’’ alors que divers rapports officiels dévoilent des statistiques de criminalités quasi nulles (aucun cas n’a été recensé par surveillance caméra par exemple) et, plus récemment, par une véritable traque aux antennes paraboliques. Prises chacune isolément, ces mesures semblent être conformes à une politique ‘‘sévère mais juste’’. Mais cette combinaison particulière laisse supposer quelque chose de bien différent, qui s’apparente à une politique délibérément basée sur le principe du “Notre peuple d’abord’’ (‘‘Eigen Volk Eerst”) cher au Vlaams Belang. Des exemples similaires peuvent être trouvés à Anvers.

Dans la cohérence de notre combat syndical, se résigner à regarder sans rien faire ou se croiser les bras en attendant que ‘‘ça passe’’ ne sont pas des options. Il est de notre devoir d’aller à contre-courant pour éviter le pire.

L’extrême-droite serait-elle devenue négligeable ?

En Flandre, le vent souffle pour l’instant dans les voiles de la N-VA, mais cela n’est pas destiné à durer éternellement. Une fois qu’éclatera la bulle du ‘‘nationalisme flamand démocratique’’ (c’est-à-dire du néolibéralisme peint en noir et jaune), une variante radicale sera prête à prendre la relève. Nous avons bien pris note de certains sondages qui laissent entendre que le Vlaams Belang flirterait avec le seuil électoral dans certaines provinces. Mais s’il y a bien une chose à apprendre des autres pays européens, c’est que l’extrême droite a les neuf vies d’un chat. En France ou en Autriche, l’extrême-droite a déjà été politiquement enterrée à plusieurs reprises mais, entretemps, le Front National est devenu le plus grand parti dans les sondages d’opinion et le FPÖ autrichien est lui aussi de retour. Il est par ailleurs remarquable de constater que si ces deux partis ont été confrontés à des scissions de groupes qui se disaient plus modérés (le Mouvement National Républicain (MRN) de Bruno Megret en France et le BZÖ de Haider en Autriche), les nouveaux partis plus ‘‘socialement acceptables’’ ont aujourd’hui disparu de la carte, dans l’ombre de leur ancien parti…

Les groupes fascistes marginaux sont-ils inoffensifs ?

L’exemple d’Aube Dorée en Grèce constitue un avertissement pour la gauche internationale. Dans le contexte d’une crise profonde, un groupe politique marginal de quelque 200 néonazis est devenu un adversaire redoutable en quelques années à peine, avec notamment une aile paramilitaire fortement armée de 3000 personnes et comprenant 72 bureaux dans divers villes et villages. Son soutien électoral a augmenté dans les mêmes proportions : de 19.636 voix (0,29%) lors des élections nationales de 2009 pour atteindre 440.966 voix (6,97%) en mai 2012, obtenant ainsi 21 parlementaires. Les nouvelles élections survenues un mois plus tard ne leur ont fait perdre que trois sièges. En dépit d’assassinats politiques ainsi que d’autres formes de terreur de rue commis par ses membres et malgré les poursuites engagées contre Aube Dorée sous le chef d’accusation d’organisation criminelle (ce qui pourrait conduire à son interdiction légale), ce parti continue de bénéficier d’un soutien électoral de 10 à 11% dans les sondages. Le parti est déjà préparé pour une éventuelle interdiction; une nouvelle structure a déjà été constituée pour assurer sa participation électorale: ‘‘Nouvelle Aube’’.

Et chez nous ?

En Belgique, les terroristes de BBET (Bloed, Bodem Eer en Trouw, Sang-Terre-Honneur et Fidélité, branche flamande du réseau néonazi international Blood and Honour) n’ont été condamné qu’à des peines légères. En octobre 2013, les ‘‘Syndicalistes contre le fascisme’’ avaient encore mené une action lors de la reprise de leur procès, à Termonde. Leur présence discrète était devenue incontournable à la manifestation annuelle du NSV. Cette année, ils seront forcés de s’abstenir…

Notre appel

Cet appel est à l’initiative de membres fondateurs des ‘‘Alostois très inquiets’’ ainsi que de membres du SETCa.

Nous appelons les syndicalistes d’Anvers et d’ailleurs à activement soutenir cette contre-manifestation. Traditionnellement, une large délégation francophone est également présente pour souligner la solidarité entre travailleurs des deux côtés de la frontière linguistique.

L’appel des ‘‘Syndicalistes contre le fascisme’’ de l’an dernier avait pu compter sur une réponse très positive. Lors de l’édition 2013 de la contre-manifestation, à Louvain, on pouvait voir une délégation officielle du BBTK – Louvain, renforcée par la présence de militants du BBTK-SETCa BHV Social Profit/ Non Marchand, ABVV Brussel, ABVV Metaal, CGSP et quelques membres de la CSC. Nous voulons poursuivre cet effort à Anvers.

En tant que syndicalistes, nous nous retrouvons pleinement derrière les slogans centraux de la contre-manifestation:

1. Pas de reconnaissance du cercle étudiant fasciste NSV à l’Université d’Anvers !
2. Non aux Sanctions Administratives Communales et à la criminalisation de la jeunesse !
3. Organisons l’opposition aux politiques antisociales !
4. Des emplois, pas de racisme ! Pour des emplois décents, des logements abordables et un enseignement gratuit pour tous !


Manifestation anti-NSV 
20 mars 2014, 19h, 
gare d’Anvers-Berchem